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Sénégal : Mobilisation des paysannes, La terre, une question de vie ou de mort

A Ourour, les paysans ne comptent plus rester sans réagir face à l’accaparement de leurs terres. Las d’attendre la réaction des autorités, ils comptent faire face la société African National Oil Corporation (Anoc, voir page précédente) qui a pris leurs champs pour y cultiver du jatropha. Des terres acquises «illégalement».

Dans leurs menaces pointe une révolte plus violente que celle de Fanaye, du nom de ce village du département de Podor où les populations se sont opposées à un projet similaire porté par la société SenHuile-SenEthanol, dans un conflit qui a débouché sur des morts d’hommes.

D’après Adama Gallo Ba, un des agricultures victimes de cet accaparement, l’Anoc a l’obligation de leur restituer leurs terres si elle ne cultive plus du Jatropha.

Chef du village d’Ourour Sinthiou, Gallo Bonko Ba, souligne que «dans les délibérations, on avait bien indiqué que si l’Anoc ne cultive plus du jatropha, les champs devraient retourner à leurs propriétaires. Le sous-préfet est témoin de ce qui se passe, mais ne dit rien. Nous sommes prêts à y laisser nos vies.» Moussa Sow, paysan de son état, a déjà commencé le combat contre les ouvriers encore favorables au projet de l’Anoc : «Je refuse désormais qu’ils cultivent sur mes terres. Si je trouve quelqu’un là-bas, il me tue ou je le tue», avertit-il. Son attitude lui a déjà valu une convocation à la gendarmerie de Guniguinéo, le vendredi 18 juillet 2014.  Cette dernière avait été saisie par le sous-préfet, après des plaintes de Madani Ndiaye et Kiné Ba, représentants de l’Anoc. A Moussa Sow il a été intimé l’ordre de laisser ces dernier continuer leur travail.

Mais l’avertissement est apparemment tombé dans l’oreille de sourds. Les paysans persistent et signent qu’ils vont s’opposer pour récupérer leurs biens. Ils ont monté un comité de lutte coordonné par Bocar Diallo, directeur d’une école à Lambock. Mieux ils ont décidé d’ester en justice. Selon l’ancien chef de village de Ourour Kada 2, Diamoula Diallo, «bientôt une plainte sera déposée au près du procureur contre l’Anoc pour la restitution de nos terres acquises frauduleusement».

Aminatou AHNE (Envoyée Spéciale)

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